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Deep dive into the key characteristics of the EU sustainable finance regulation

Environmental, Social and Governance (ESG) Rating

Environmental, Social and Governance (ESG) Rating

Le règlement sur la transparence et l’intégrité des activités de notation environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) (règlement sur les notations ESG (UE) 2024/3005) introduit une approche réglementaire commune visant à renforcer l’intégrité, la transparence, la comparabilité lorsque cela est possible, la responsabilité, la fiabilité, la bonne gouvernance et l’indépendance des activités de notation ESG. Ce règlement contribue aux objectifs de l’UE en matière de finance durable en améliorant la qualité des notations ESG et en protégeant les consommateurs et les investisseurs. Il vise également à prévenir l’écoblanchiment et la désinformation en établissant des règles claires pour les fournisseurs de notations ESG.

En pratique, ce règlement instaure à la fois un nouveau régime d’autorisation et de nouvelles exigences détaillées en matière de gouvernance et de conduite des activités. À cette fin, le règlement place les fournisseurs de notations ESG sous le contrôle prudentiel de l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF), et repose sur quatre piliers opérationnels : autorisation, séparation organisationnelle, publication d’informations, et surveillance/contrôle du respect des règles, chacun étant résumé par ses exigences concrètes et numérotées dans la section « Ce qu’exige le règlement » ci-dessous.

Architecture réglementaire

Niveau 1 Règlement (UE) 2024/3005 du 27 novembre 2024 sur la transparence et l’intégrité des activités ESG. En vigueur depuis le 1er janvier 2025, applicable à compter du 2 juillet 2026.

Niveau 2 – Règlements délégués de la Commission

Référence JO Adoption Objet Entrée en vigueur
(UE) 2026/871 21 avr. 2026 NTR précisant les éléments des produits de notation ESG devant être communiqués au public ainsi qu’aux utilisateurs/éléments notés/émetteurs (art. 23-24, annexe III) 17 août 2026 (applicable à compter du 2 juil. 2026)
(UE) 2026/872 21 avr. 2026 NTR relatives aux mesures et garanties visant à séparer les activités de notation ESG des autres activités (art. 16) 17 août 2026 (applicable à compter du 2 juil. 2026)
(UE) 2026/910 24 avr. 2026 Redevances perçues par l’AEMF auprès des fournisseurs de notations ESG (art. 42) 31 juil. 2026 (applicable au 31 juil. 2026)
(UE) 2026/904 24 avr. 2026 Règles de procédure relatives aux amendes et astreintes imposées par l’AEMF (art. 39) 19 août 2026 (applicable au 19 août 2026)
(en attente de publication au JO) — réf. doc. C(2026)3334 26 mai 2026 NTR précisant les informations à inclure dans les demandes d’autorisation et de reconnaissance (art. 6, 12, annexe I) Période de contrôle / pas encore publié au JO

 

 

Aux fins du présent règlement, les définitions clés suivantes s’appliquent :

  • Les notation ESG sont un avis ou un score, ou une combinaison des deux, concernant le profil ou les caractéristiques d’un élément noté au regard de facteurs environnementaux, sociaux et de droits de l’homme, ou de gouvernance, ou concernant l’exposition aux risques d’un élément noté ou son incidence sur ces facteurs, fondé à la fois sur une méthodologie établie et sur un système de classement défini de catégories de notation, que cette notation ESG soit ou non désignée par les termes « notation ESG », « avis ESG » ou « score ESG ».
  • Les avis ESG sont une évaluation ESG fondée sur une méthodologie fondée sur des règles et sur un système de classement défini de catégories de notation, et impliquant directement un analyste de notation dans le processus de notation.
  • Un score ESG est une mesure ESG dérivée de données, à l’aide d’une méthodologie fondée sur des règles, et reposant uniquement sur un système ou modèle statistique ou algorithmique préétabli, sans apport analytique substantiel supplémentaire d’un analyste de notation.
  • Un fournisseur de notations ESG est une personne morale dont les activités comprennent l’émission, ainsi que la publication ou la distribution, de notations ESG à titre professionnel.

Ce qu’exige le règlement

Avec quatre actes délégués déjà en vigueur (règles techniques) et un autre encore en attente, le règlement de l’UE sur les notations ESG – (UE 2024/3005) se résume à quatre exigences pratiques pour toute entité fournissant des notations ESG dans l’UE :

1. Obtenir l’autorisation d’exercer (C(2026)3334) et ((UE) 2026/910)

Avant de pouvoir vendre des notations ESG dans l’UE, une entreprise a généralement besoin d’un agrément, un peu comme il faut un permis avant d’ouvrir une entreprise. Cet agrément est délivré par l’AEMF, le régulateur des marchés de l’UE. Cette procédure varie selon la nature du fournisseur de notations, comme indiqué ci-dessous :

  • Les fournisseurs établis dans l’UE déposent une demande auprès de l’AEMF et doivent lui communiquer des informations sur l’actionnariat de l’entreprise, sa gouvernance, l’équipe dirigeante et son fonctionnement au quotidien. L’AEMF dispose de 25 jours ouvrables pour vérifier que le dossier est complet, puis de 90 jours au maximum (ou 120 jours dans les cas plus complexes, par exemple lorsque l’entreprise souhaite également recourir à l’externalisation) pour donner sa réponse. Une fois accordé, l’agrément couvre l’ensemble de l’UE, sans qu’il soit nécessaire de déposer une demande pays par pays.
  • Les petits fournisseurs bénéficient d’une option allégée : au lieu d’un agrément complet, ils peuvent simplement s’enregistrer auprès de l’AEMF et respecter un ensemble réduit de règles. Ce régime s’applique pendant trois ans, ou jusqu’à ce qu’ils deviennent trop importants pour être considérés comme « petits », selon la première échéance atteinte, auquel cas ils disposent de six mois pour demander l’agrément complet.
  • Les fournisseurs établis en dehors de l’UE disposent de trois voies d’accès : (a) le régime réglementaire de leur pays d’origine peut être formellement reconnu comme équivalent à celui de l’UE, (b) un fournisseur déjà agréé dans l’UE peut « avaliser » leurs notations, ou (c) s’ils sont suffisamment petits, ils peuvent suivre une procédure de reconnaissance simplifiée.
  • Ce n’est pas gratuit : un agrément complet dans l’UE coûte 40 000 EUR (ou 20 000 EUR pour un petit fournisseur accédant au statut complet), plus 5 000 EUR pour des éléments supplémentaires tels que l’approbation de l’externalisation. Les fournisseurs situés hors de l’UE paient entre 10 000 et 40 000 EUR, selon la voie empruntée. En outre, chaque fournisseur verse une redevance annuelle calculée en fonction des revenus tirés de ses notations (plafonnée à 2 % de ces revenus pour les petits fournisseurs).

2. Préserver l’indépendance des notations par rapport aux autres activités ((UE) 2026/872)

L’enjeu ici est celui des conflits d’intérêts : une entreprise qui note d’autres entreprises sur des critères ESG ne devrait pas non plus les conseiller, ni avoir un autre intérêt financier dans le résultat.

  • Un fournisseur de notations ne peut généralement pas exercer en parallèle, au sein de la même entité juridique : des services de conseil, des activités de notation de crédit, l’administration d’indices de référence, des services d’investissement, le contrôle légal des comptes, ou des activités bancaires ou d’assurance.
  • Deux exceptions : une entreprise peut conserver en interne ses services d’investissement ou ses activités bancaires/d’assurance si elle met en place des cloisons internes solides entre cette activité et son activité de notation. L’exercice d’une activité d’administration d’indices de référence parallèlement à la notation nécessite l’accord préalable de l’AEMF.
  • Ce que signifie concrètement la « mise en place de cloisons »: des équipes et des lignes hiérarchiques distinctes, afin que les personnes chargées d’élaborer les notations ne soient pas mêlées à l’autre activité ; des locaux séparés pour le personnel chargé de la notation ; la signature par le personnel d’une déclaration annuelle attestant qu’il n’est pas impliqué dans l’autre activité ; et, spécifiquement pour les activités bancaires/d’assurance, des mesures supplémentaires de sécurité informatique, de formation du personnel et de surveillance des communications. Les entreprises doivent vérifier tous les deux ans que ces cloisons fonctionnent toujours, et les corriger si nécessaire.

3. Ce qui doit être publié, et à qui ((UE) 2026/871)

Il existe deux publics, et deux niveaux de détail.

  • Pour tout le monde (publié sur le site internet du fournisseur) : un aperçu simple de la manière dont les notations sont établies, de la méthodologie utilisée, des données prises en compte, du caractère rétrospectif ou prospectif de l’analyse, de l’actionnariat de l’entreprise, et du fait que la notation mesure le risque, l’incidence, ou les deux.
  • Les notations doivent être ventilées en scores distincts pour les volets environnemental, social et de gouvernance, plutôt qu’en un seul chiffre agrégé, à moins que le fournisseur n’explique clairement la manière dont il a pondéré les trois facteurs ensemble.
  • Pour l’entreprise notée, et pour toute personne payant pour utiliser la notation : un niveau de détail plus approfondi, les données et hypothèses précises sous-tendant les chiffres, les raisons d’une évolution de la notation, et sa cohérence avec la taxonomie de durabilité de l’UE.
  • L’ensemble de ces informations doit être présenté dans le même ordre pour chaque fournisseur, afin que deux notations différentes puissent être comparées côte à côte, plutôt que chaque fournisseur n’utilise son propre format, source de confusion.

4. Qui contrôle les fournisseurs, et que se passe-t-il en cas de non-respect des règles ((UE) 2026/904)

  • L’AEMF surveille l’ensemble du marché : elle peut poser des questions, mener des enquêtes, inspecter les locaux et retirer l’agrément d’une entreprise en cas de manquement. Elle peut déléguer certaines tâches quotidiennes aux régulateurs nationaux (comme la CSSF au Luxembourg), tout en conservant la responsabilité globale.
  • Le système est financé par les fournisseurs de notations eux-mêmes, par le biais des frais d’agrément et des redevances annuelles mentionnés ci-dessus, et non par les investisseurs ou les entreprises notées.
  • Le non-respect des règles peut entraîner des amendes, régies par un ensemble distinct de règles de procédure.